Bouyé Djouyé Mouliân (le parfum du ruisseau Mouliân)

Festival Appel de la lune, Théâtre de Verre, Paris, 2014

A travers des gestes quotidiens, féminins et dansés, deux danseuses se lancent dans une expédition et essaient de remonter aux origines de leurs propres cultures. Ces gestes sont ceux qui sont familiers à nous tous. Ceux qui s’accumulent en nous depuis l’enfance et laissent leurs traces dans notre corps et notre esprit. Mais les danseuses veulent aller encore plus loin. Elles retournent vers le corps d’une autre femme ; vers l’utérus de la Mère. Leur inconscience les guide vers les souvenirs de la vie fœtale. Une expérience aquatique, fluide et créatrice à l’intérieur du corps d’une femme.

Bouyé Djouyé Mouliân veut dire le parfum du ruisseau Mouliân. Ce vers est l’ouverture d’un poème de Rudaki, poète Iranien du neuvième siècle. Et Mouliân est le nom d’un fleuve qui coule au nord-est de l’ancien Perse (actuellement Tadjikistan). Chanté par plusieurs chanteurs persanophones, le poème rappelle des images et des souvenirs des époques perdues. Et le fleuve, qui est le personnage central de ce poème, nous rappelle que nous venons tous de la terre-Mère.

Photo : Parisa Pajoohandeh